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Cyrielle l'abeille

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Travailleuse
parmi les travailleuses

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Butineuse, voyageuse,
courageuse

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Le miel pour subsister


Cyrielle l'abeille 

 

 Bonjour ! Je m'appelle Cyrielle et je vais vous raconter la vie passionnante de notre ruche : Serrées les unes contre les autres autour de notre reine, mes sœurs et moi avons d’abord ressenti une chaleur inhabituelle.

« Les premiers rayons de soleil ! » se sont réjouies les anciennes. Et puis des parfums nouveaux mêlés à ceux de l’herbe tendre sont venus chatouiller nos mandibules.

« Quelques fleurs nouvelles ! » ont bourdonné en chœur mes voisines.

Ça y est ! Le printemps est là qui nous ouvre les portes d’une nature infinie et généreuse, peuplée de fleurs aussi chatoyantes qu’enivrantes. « Elles ne sont pas seulement belles et odorantes, elles regorgent de nectars et pollens. Véritables trésors qu’il te faut rapporter à la ruche » m'explique une autre butineuse avant de s'envoler. Éblouie de lumière et portée par la brise de ce petit matin d'avril, je m'élance à mon tour avec fébrilité. Quelques mètres à peine pour m’orienter puis survient l'enchantement. C'est grisant, vous savez, de survoler ainsi une terre inconnue ; vaste prairie piquée de jaune, de mauve et de blanc. Pissenlits, scabieuses ou trèfles, avec gourmandise, j'y plonge ma langue, savourant leurs nectars dont j'emplis mon jabot. Bien vite, l'abdomen alourdi de ce précieux fardeau, je retourne à ma ruche. Mes sœurs restées là m'accueillent de leur enthousiasme bourdonnant et me posent mille questions.

 

 Je leur raconte les couleurs, les odeurs, les bruits, les arbres et l'air, je leur décris le pré et les collines. Je survole pour elles le récit de la route et ose même leur conter cette maison entraperçue au loin. Et pour, qu'à leur tour, elles savourent les plaisirs de ce jeune printemps, je partage le nectar de fleurs dont elles se délectent avec parcimonie. Car, miracle gourmand, de mon jabot j'extrais une substance nouvelle née du végétal et transformée par mon corps durant ce bucolique voyage : c’est le début de la transformation du nectar en miel. « Confie-le moi, et repars vite. Je m’en occupe », me rassure une ouvrière qui, avec dextérité et précaution, dépose le liquide dans une alvéole de cire. Et la voici partie pour une éprouvante séance de gym : à l’aide du battement énergique de ses ailes, elle libère l’eau du liquide que je viens de déposer. Puis, sorte de récompense, une fois l’eau évaporée, elle savoure cette substance, qu’elle transforme, comme par magie, en miel…

Autour de moi, et par centaines, mes sœurs butineuses se livrent à cet incessant ballet qui, bientôt, m’entraîne à nouveau vers la prairie pour y récolter nectar et pollen avant des les confier aux bons soins des abeilles restées à la ruche.

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